Rétrospective de carrière – Moa Daliendog

Né en 1980 à Libourne, Moa Daliendog appartient à une génération d’artistes pour qui l’image est à la fois matière première, terrain de jeu et mémoire collective. Dès la fin des années 1990, entre 1996 et 2002, il se forme aux arts plastiques dans un cadre scolaire puis universitaire, posant les bases d’un langage visuel nourri à la fois par l’histoire de l’art et par la culture populaire. Très tôt, il s’implique dans la scène artistique locale en co‑créant une association et en organisant des expositions collectives, geste fondateur d’une pratique tournée vers le partage et la circulation des œuvres.

Un tournant décisif a lieu en 2013 avec la naissance de la série CA$H‑CA$H, qui deviendra la colonne vertébrale de son œuvre. À partir des portraits photographiques de grandes icônes – Madonna, Marilyn Monroe, Brigitte Bardot, Uma Thurman, Claudia Schiffer, mais aussi des figures plus récentes comme Paris Hilton ou Miley Cyrus – Moa Daliendog compose un univers où se croisent culture pop, cinéma et lumière. Ses images, travaillées au scanner et à l’imprimante puis reprises par une technique de finition qu’il nomme « mélatapatapeinture », tissent une trame chromatique singulière, faite de textures, de lumières romantiques et d’ombres délicates comme des dentelles.

Très tôt, ce travail retient l’attention de la critique. Le 27 janvier 2014, la revue italienne Stile Arte publie un article d’Anna Piergentili qui décrit ses compositions comme un « voyage poétique dans l’Olympe du vingtième siècle ». Le texte souligne la façon dont l’artiste immortalise les « déesses d’Hollywood » dans un esprit post‑warholien, en réinventant avec audace le module de la polychromie à plat associé au Pop Art. Le regard critique insiste sur la grâce de ces images, la maîtrise des textures et l’équilibre subtil des teintes, qui confèrent aux figures représentées une aura presque florale, comme des fleurs bariolées prises au piège dans une dimension surréelle.

Parallèlement, le parcours d’exposition de Moa Daliendog se déploie et confirme la force de cette démarche. À partir de 2014, il présente son travail à La Parcelle à Bordeaux, puis en 2015 au Château des Arras, à Art3G Bordeaux et au Capharnaüm, consolidant un ancrage dans la scène bordelaise. En 2016, il franchit une étape importante avec une participation au Carrousel du Louvre à Paris, en collaboration avec la galerie Samhart, tout en investissant des lieux de prestige comme le Crown Plaza***** à Toulouse (2016‑2017). Suivent le Tata Roberta Concept Store à Toulouse, un retour au Château des Arras, une exposition chez le négociant en vin Coudurier‑Jung à Beaune, puis le Sofitel***** de Lyon (2017‑2018) et, en 2018, le Pullman hotel***** à Toulouse.

Cette trajectoire montre la capacité de ses œuvres à dialoguer avec des contextes très différents, des espaces associatifs aux hôtels de luxe, sans perdre leur identité : couleurs intenses, vibrations de la matière, réinterprétation contemporaine des icônes du XXe siècle et du tapis rouge. Les portraits ne se contentent pas de reproduire des visages célèbres ; ils les réinventent, les saturent de lumière et de couleur, comme pour révéler, derrière l’éblouissement médiatique, une part plus fragile, plus poétique. Une rétrospective du travail de Moa Daliendog permet ainsi de mesurer la cohérence d’un parcours où chaque série, chaque exposition et chaque regard critique viennent enrichir un même projet : offrir au public une nouvelle rencontre avec des images que tout le monde croit connaître, et en faire surgir une émotion inattendue.